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Claude Pastre  -  Janvier 2013




La montagne c'est spécial, même pour la météo ! L'atmosphère est un fluide qui s'écoule à la surface de la Terre, comme l'eau dans un bassin. La montagne est comme un tas de cailloux au fond du bassin, qui fait obstacle à l'écoulement. Complication supplémentaire, dans l'atmosphère, des mouvements à toutes les échelles d'espace et de temps interagissent entre eux jusqu'à l'échelle des ondes planétaires de plusieurs milliers de kilomètres de longueur d'onde. Or la montagne fournit des rugosités, trous et bosses, depuis l'échelle centimétrique jusqu'à la centaine de kilomètres et l’interaction montagne-atmosphère résulte en des mouvements atmosphériques complexes. Résultat, la montagne « fabrique » dans une large mesure sa propre météo – sauf cas particuliers, le mauvais temps y est plus actif qu'en plaine – et la prévision y est plus difficile car les phénomènes sont souvent locaux.


Retenons :

  • Le soulèvement du flux atmosphérique par la montagne a souvent pour effet une anticipation de la perturbation et aussi un renforcement du mauvais temps sur l'obstacle
  • Mais aussi une atténuation derrière l'obstacle par une sorte d'effet d'abri lié aux mouvements descendants derrière l'obstacle
  • Souvent le mauvais temps s'attarde sur la montagne alors que la perturbation de grande échelle est déjà loin
  • L'effet dépend surtout de l'orientation du flux (le vent) de grande échelle par rapport à l'obstacle
Les vidéos illustrant cet article ont été réalisées à partir d'images recueillies sur le site de « The Meteo Company B.V. » et sont publiées avec son aimable autorisation

Quelques vidéos vont permettre d'illustrer tout cela. Ces vidéos sont composées à partir d'images successives fournies par le satellite METEOSAT. Certaines des vidéos illustrant l'article ont été acquises en « lumière visible », c'est à dire dans les longueurs d'ondes auxquelles l’œil humain est sensible, on a alors l'équivalent de photos en noir et blanc. La plupart utilisent ce qu'on appelle « infra-rouge thermique » par abus de langage, c'est-à-dire des longueurs d'onde où la mesure est directement liée à la température de la cible : les différents niveaux de gris correspondent à la température. Le sol ou l'océan, en général plus chauds sont en noir, les nuages sont en gris et blanc, d'autant plus blancs qu'ils sont plus froids, donc plus haut. Le « mauvais temps » est souvent associé aux nuages les plus blancs.

L'indication « Infra-rouge » ou « Visible » est donnée pour chaque vidéo.

 

Vidéo 1 (Infra-rouge)

 

Une bande gris-blanc – un « front » dans le jargon, associé à une dépression située sur l'Atlantique – traverse la France entraînée par un flux venant de l'Ouest. Lorsqu'elle arrive sur le Massif Central on assiste à une sorte d'explosion de nuages plus blancs (montant plus haut, mais aussi plus épais). Ce mauvais temps plus actif persiste sur le Massif central alors que le front s'éloigne vers l'Est.

 

 

Vidéo 2  (Infra-rouge)    

 

Ici un front se déplace lentement d'Ouest en Est sur l'Espagne et la France. Il se situe dans un flux de Sud-Ouest pratiquement perpendiculaire aux Cantabriques et Pyrénées.
Un système d'onde s'établit avec des vitesses descendantes, donc une éclaircie, en amont de la montagne, des ascendances, donc un mauvais temps plus actif, sur la montagne, et de nouvelles descendances avec une éclaircie – ici peu visible – sous le vent du relief.

 

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