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On se concentre ici sur les notions de « points géographiques » (point de passage, Waypoint), « itinéraires » (Route), « traces » (Track). Les équivalents anglais sont donnés car ils ont tendance à envahir la pratique même dans des textes en français. Un point géographique est défini par ses coordonnées, un itinéraire est une suite de points géographiques que l'on a entrés dans le GPS pour se faire guider par lui de point en point, une trace est une suite de points relevés automatiquement par le GPS au cours d'un trajet. Pour cet usage élémentaire, l'utilisateur est supposé avoir un GPS qui ne permet pas d'embarquer de carte, ou bien préférer de toutes manières se servir sur le terrain de la carte imprimée sur papier plutôt qu'affichée sur l'écran de son GPS – nous éviterons soigneusement d'entrer dans un débat sur ce point !

La première chose qu'on fait avec son GPS est d'enregistrer son parcours lors d'une balade et de le reporter sur une carte au retour pour voir où l'on est passé exactement. Ensuite on voudra entrer dans le GPS des points géographiques, par exemple la position du refuge où on souhaite passer la nuit, et peut être l'itinéraire point par point à suivre dans le brouillard pour y parvenir.

Pour un certain nombre de pays dont la France, tout cela peut se faire sur internet à travers des sites offrant un accès à la carte topographique en ligne. C'est le cas de VisuGPX qui sera notre premier et principal outil. Pour les pays pour lesquels il n'y a pas d'accès en ligne à des cartes topographiques, il faut soit se contenter de l'accès à des cartes plus générales ou des photos aériennes, soit trouver des cartes topographiques sur papier, les numériser et les traiter à travers un logiciel sur votre PC. Nous nous intéresserons pour cela plus particulièrement au logiciel QLandkarte.

Au passage, cependant nous citerons d'autres outils que vous pourrez préférer pour telle ou telle raison.

VisuGPX  (www.visugpx.com)

Ce site offre l'avantage d'être en français, et surtout, le très gros avantage de donner accès aux cartes topographiques française, suisse, espagnole ou italienne. La carte espagnole au 1/25000 est ce qu'elle est, c'est-à-dire en courbes de niveau sans représentation des falaises ou barres rocheuses. L'usage de la carte italienne est également sportif : au niveau 1/25000 c'est la vieille carte modèle début XX ème siècle, en noir et blanc, très difficile à lire et d'une précision douteuse.

Le site a le défaut d'une ergonomie mal pensée, étant constitué de trois outils juxtaposés (VisuGPX, EditGPX et GPXTools entre lesquels la communication n'est pas immédiate. Par ailleurs VisuGPX et EditGPX ne connaissent que les traces et ignorent les notions de point géographique ou d'itinéraire. Cela n'empêche pas de s'en servir comme outil de base pour « alimenter » son GPS.

Pour visualiser la trace ramenée d'une randonnée et transférée sur l'ordinateur sous forme d'un fichier .gpx – format utilisé par tous les GPS modernes (Note sur le format GPX ) – c'est très facile : dans VisuGPX, on sélectionne le fichier sur son ordinateur et on clique le bouton « VisuGPX ». Le parcours apparaît sur la carte Google avec relief, mais on peut aussi l'avoir sur la vue satellite, ou sur la carte topographique de l'IGN. Défaut : on ne peut ni enregistrer ni imprimer l'image de la carte avec l'itinéraire, il faut avoir recours à une copie d'écran si on veut la conserver. Le logiciel fournit un tracé du profil d'altitude et calcule les vitesses de montée et descente.

EditGPX permet de créer une trace point par point sur la carte, représentant par exemple l'itinéraire que l'on souhaite suivre pour monter à un refuge. On peut ensuite enregistrer la trace sur son ordinateur. En fournissant ce fichier à un GPS, on pourra s 'en servir pour naviguer sur le terrain, les GPS actuels étant capables d'utiliser un fichier de trace comme itinéraire à suivre. Et voilà le moyen de gagner un refuge dans le brouillard !

Noter qu'on pourrait en utilisant l'onglet GPXTools de VisuGPX, convertir le format trace au format de fichier d'itinéraire,  mais c'est de peu d'intérêt. En effet, ni l'itinéraire résultant, ni les points qui le composent ne sont nommés, ce qui fait qu'on ne peut l'utiliser tel quel dans un GPS. Il est possible au moyen d'un éditeur de texte de finaliser le fichier pour avoir un fichier d'itinéraire correct. Mais il s'agit alors de « chirurgie fine » dont on risque de tirer plus d'erreurs que de bénéfices.

Si on en arrive là, il vaut mieux changer d'outil : installer sur son ordinateur un logiciel comme Qlankarte dont on parlera dans la section suivante à propos du travail avec des cartes que l'on numérise soi-même. Qlandkarte permet en effet aussi d'avoir accès à des cartes en ligne, dont la 1/25000 française. Et il a toutes les fonctions de VisuGPX plus d'autres dont nous verrons une partie dans la section suivante.

Bien entendu, s'il s'agit juste de créer un ou deux points géographiques, on peut toujours le faire à la main, directement dans le GPS après avoir relevé les coordonnées latitude et longitude sur la carte en ligne avec VisuGPX (en allant sur l'onglet Top25), Geoportail IGN, GoogleMaps ou GoogleEarth. Mais gare au risque d'erreur en saisissant au clavier la valeur des coordonnées !

Il existe d'autres outils en ligne du même type type que VisuGPX : Openrunner avec seulement la carte française, GPSVisualizer avec la carte topographique des USA et une carte de type 1/50000 pour le reste du monde, et d'autres encore...

Géoréférencer une carte avec QLandkarte (www.qlandkarte.org)

Lorsque la carte en ligne n'est pas disponible ou insatisfaisante, il faut  faire autrement. Le cas le plus criant est celui de l'Italie, pour laquelle les cartes en ligne sont peu lisibles et les cartes lisibles – encore que de qualité médiocre – n'existent que sur papier.

Il faut alors acheter la carte imprimée, la numériser – pour usage personnel, attention aux problèmes de copyright si on redistribue le résultat ! - et la « géoréférencer », c'est-à-dire faire en sorte qu'à un point X,Y de l'image corresponde un jeu de coordonnées latitude, longitude qui sera compris par le GPS.

Pour notre besoin, le logiciel gratuit et multiplateforme qui nous servira est QLandkarte. Les traductions françaises des menus de l'interface sont approximatives, l'utilisation n'est pas très intuitive et le mode d'emploi n'existe qu'en anglais, mais il ne s'agit là que de petits obstacles à surmonter !

La plupart des formats d'image classiques peuvent être lus. QLandkarte les transforme  au format TIFF (fichier .tif) avec lequel il travaille. Pour géoréférencer l'image, la première chose à faire est de déterminer les coordonnées géographiques de 3 ou 4 points sur notre image. Avec la carte imprimée sous les yeux, c'est facile à faire sur GoogleEarth par exemple. Le plus commode est de recueillir les données sous forme de degrés décimaux, par exemple 44.57271 °N et  6.93297 °E. Cinq décimales correspondent à la précision du mètre, déjà supérieure à ce que l'on peut espérer avec un clic au bout du curseur de la souris.

L'annexe donne la marche à suivre détaillée pour référencer l'image. Le plus difficile est de choisir le bon système de référence de coordonnées. Il faut parfois tâtonner et en essayer plusieurs. Par exemple, pour la carte « IGC 106 Monviso », le meilleur résultat a été obtenu avec une projection UTM faisceau 32 sur une référence WGS84 qui ne correspond pas aux indications portées sur la carte par l'éditeur.

Une fois la carte référencée, il est commode – après un apprentissage un peu laborieux – avec Qlandkarte de visualiser une trace et d'afficher ses caractéristiques, de produire des fichiers .gpx de points géographiques ou d'itinéraires. L'annexe donne également la marche à suivre pour cela.

Noter que toutes ces opérations peuvent aussi être faites avec certaines cartes en ligne au lieu de cartes papier numérisées, dont la carte française. Pour accéder à des cartes en ligne -  que Qlandkarte appelle « Streaming Maps » - voir sur le site de QLandkarte.

Ajoutons pour finir qu'il y a des alternatives à QLandkarte, par exemple le logiciel multiplateformes Qgis ou le logiciel pour Windows OkMap. Il existe aussi des logiciels payants pour Windows seulement. Le plus recommandable est Mapc2mapc (12 € seulement). OkMap et Mapc2mapc sont capables de fabriquer des cartes directement embarquables par un GPS ou un smartphone, ce dont on parle dans la section suivante.

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